À propos
Artiste Alchimiste

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Mon geste créatif puise dans le champ des mémoires où l’Histoire opère comme une boussole, l’Art comme de la terre modelable et les mythes un alphabet coloré. Les icônes créoles sont alors des vaisseaux naviguant entre les strates temporelles, chaque hybridation étant un acte de résistance face aux récits établis.
Je suis né à La Réunion, une île où se mélangent depuis quatre siècles des cultures africaines, malgaches, indiennes, chinoises et européennes. Ce brassage permanent est mon terreau : j’y puise des images, des symboles et des histoires qui nourrissent mon art.
En travaillant ces influences multiples, je découvre peu à peu comment toutes ces racines différentes forment une identité. Ma démarche artistique ressemble à la façon dont le créole réunionnais s’est élaboré : en fusionnant des mots français, malgaches et indien et autres pour former une langue nouvelle. Créer ces icônes, c’est relier mon histoire personnelle avec l’histoire de tous ceux qui ont façonné mon île.
En m’inscrivant dans ce contexte, je définis le concept d’imagineur comme un artiste-alchimiste qui entre en résonance avec le champ des mémoires et qui l’utilise comme matière première pour créer de nouvelles formes. L’imagineur navigue entre les strates temporelles, mélangeant et transformant les éléments culturels pour produire des œuvres qui défient les narratifs établis.
À la croisée des mondes
J’explore la complexité et les multiples facettes de mon identité métisse. Chaque œuvre devient un espace où je peux interroger, affirmer et redéfinir qui je suis, au croisement de plusieurs cultures. À la croisée de l’Histoire, de l’Art et des mythologies, mon travail s’inscrit dans un dialogue entre les époques et les cultures.

L’Internet est la matrice, la base de données où je puise des fragments visuels, tandis que l’Histoire et l’Art forment le terreau de ma création. En associant des images issues de différentes périodes et cultures, je cherche à révéler d’autres facettes d’une réalité inscrite dans la mémoire collective. Mon intention est d’explorer les multiples possibilités de rencontre entre ces images du monde et de révéler d’autres facettes d’une réalité inscrite dans la psyché collective.
Paysages psychiques
La mythologie est essentielle à l’être humain : elle ouvre son regard sur l’humanité dans toute sa diversité et sa profondeur. Les mythes élèvent notre conscience spirituelle et nous reconnectent à notre pouvoir de rêver et d’imaginer.
L’imagination créatrice, par sa plasticité, donne forme à nos paysages psychiques. C’est par l’imaginaire et le temps du rêve que nous construisons nos représentations du monde.

Nos trajectoires intimes et transgénérationnelles s’entrelacent en une tapisserie vivante où chaque existence apporte sa couleur unique et tisse sa voie dans le champ des possibles.
Comme le souligne Édouard Glissant dans Philosophie de la Relation : « Agis dans ton lieu, pense avec le monde. » C’est à partir de notre centre et de notre ancrage dans la matière que nous pouvons agir, chacun à notre échelle, de façon fractal, dans le grand Monde.
L’horizon des événements
L’idéologie occidentale universaliste, portée par son projet économique et ses systèmes de pensée, a dominé le monde pendant des siècles. Aujourd’hui, après avoir mesuré et cartographié l’espace géographique, cette dynamique se poursuit à travers la conquête de nos espaces psychiques.
Notre société, focalisée sur l’image du corps et de la surévaluation de l’individu, exalte la notion du libre-arbitre. Paradoxalement, ce choix, de mon point de vue, souvent dirigé par notre ego, mène à des impasses, en nous enfermant dans nos propres contradictions. Cependant, à l’aube d’une ère nouvelle, l’humanité explore chaque jour des voies créatives qui ouvrent vers un monde plus conscient, guidé par une vision écologique humaine et politique de son devenir.
Thierry Lo Shung Line
Imagineur
Article du journal Réunionnais du Monde : Les « icônes créoles » de Thierry Lo Shung Line incarnent une archéologie visuelle du métissage, où les fractures coloniales et les résistances culturelles s’expriment par des dialogues plastiques entre techniques ancestrales et récits contemporains. Ce projet artistique interroge les strates identitaires à travers un langage hybride mêlant photographie expérimentale et symboles transhistoriques.